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Saint-Vincent à Troyes: le retour de l'archiconfrérie
Le Dossier, 15/01/2010 Neuf ans après, l'archiconfrérie Saint-Vincent revient à Troyes demain. Évelyne Roques-Boizel, vice-présidente "négoce", raconte
Janvier 2001, la Ville de Troyes accueille pour la première fois la Saint-Vincent de l'archiconfrérie. Comment s'est décidée cette "décentralisation"? "Nous avons décidé cela il y a dix ans. Autrefois, cette fête qui réunit tous les acteurs du champagne se déroulait toujours à Épernay. Nous avons souhaité irriguer l'ensemble des terroirs de la Champagne. Nous avons commencé par Reims, en 1998. Trois ans plus tard; nous étions à château-Thierry."
La Saint-Vincent a été relancée par la comtesse Brigitte Chandon-Moët en 1991, avec Michel Janisson, coprésident "vignoble". Vous faites équipe avec Maurice Vollereaux, aujourd'hui. Comment vous répartissez-vous les tâches? "C'est une machine bien huilée, très lourde à porter, mais l'archiconfrérie a pour seule mission d'organiser cette grande Saint-Vincent qui rassemble quelque 90 confréries qui pour l'essentiel se sont constituées en 1930 et 110 maisons de Champagne. L'archiconfrérie veille au parcours, à l'ordre du défilé, à la sécurité, à la photo prise depuis la nacelle, à l'accueil des fanfares, à la soirée... Les protocoles sont rodés! La confrérie qui accueille a la responsabilité de la messe."
Les vignerons champenois ont parfois mis leurs saints à l'eau en raison d'une mauvaise vendange, comme à Damery. Dans la côte des Bar, le vignoble était plutôt anticlérical. Tout le monde se retrouve-t-il dans cette célébration religieuse? "Je suis moi-même protestante. Mais c'est toujours une très belle messe qui donne du sens à la fête. Ce n'est pas uniquement un événement folklorique! Cette journée constitue une pause pour se retrouver tous ensemble, tous les villages, tous les Champenois, tous fiers de leurs traditions."
Vous êtes à la tête de la maison de champagne Boizel, à Épernay. Quelle image avez-vous de la côte des Bar? "Je représente la cinquième génération de notre maison familiale! Mais nous faisons désormais partie du groupe BCC, Boizel-Chanoine-Champagne, avec la maison Bonnet, des Riceys. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir la côte des Bar, où d'ailleurs je m'approvisionne maintenant. C'est un grand vignoble; par la taille et en qualité. Quand j'ai des visiteurs, je ne manque jamais de les inciter à passer une journée dans l'Aube."
Revenons à cette grande fête de toute la Champagne. Elle promet d'être froide. Comment allez-vous affronter le défilé? "J'étais déjà venue en 2001, et il faisait très froid! Heureusement, notre costume comporte une magnifique cape blanche, très chaude!"
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